EDUCATION ENVIRONNEMENTALE


EDUCATION ENVIRONNEMENTALE                 Rapport De Mission - PDF

Partenariat WWF-ICCN-INCEF en marche

Au moment où les problèmes environnementaux deviennent une préoccupation planétaire majeure,   le WWF (World Wildlife Fund) <Fonds pour l’Environnement Mondial> en appui à l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) veut  mettre  au profit des communautés locales vivant dans le paysage Salonga-Lukénie-Sankuru, un lot d’informations sur la gestion durable des ressources naturelles et les lois régissant l’environnement. Pour cela, il a fait recours aux services de l’ « International Conservation and Education Fund » (INCEF) <le Fonds International pour la Conservation et l’Education>, une ONG de communication spécialisée en Education Environnementale et dans la prévention des zoonoses.

La méthode choisie pour atteindre cet objectif, c’est l’utilisation judicieuse des nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC) à des fins éducatives. Il s'agit en effet de promouvoir l’éducation  environnementale en sortant du système formel, en optant d’apporter le message à toutes les couches sociales sous une autre forme : l’approche éducative par vidéo. Celle-ci plus vivante et plus expressive est davantage convaincante, car les communautés n’écoutent pas seulement le message, mais elles ont en plus, l’illustration en images de la thématique dont il est question. La finalité, somme toute, étant de contribuer aux plans national et international aux actions qui favorisent un engagement responsable, le changement des comportements pour une gestion rationnelle et durable des ressources naturelles.

Ainsi, du 9 septembre au 23 décembre 2009, soit pendant quatre mois, une équipe de l’INCEF composée d’Eric Pamphile Kinzonzi, Coordonnateur de l’Education Environnementale et Saturnin Régis IBATA, Projects Manager s’est déployée à Monkoto au Parc National de la Salonga  (Province de l’Equateur) pour la tenue des ateliers de formation et de renforcement de capacités des éducateurs et relais communautaires de santé de cette zone.

INCEF, partenaire de WWF, a aussi apporté un appui technique au lancement de la campagne d’éducation environnementale dans le même corridor.

Douze  personnes ressources des secteurs de Monkoto, Oshwé et Lokolama ont été sélectionnées pour participer à l’atelier de formation des éducateurs environnementaux et neuf autres du secteur de Monkoto retenues pour l’atelier de renforcement de capacités des relais communautaires de santé.

Et comme il est utile de lier la théorie à la pratique, après ces sessions de formation théoriques, une phase pilote d’éducation et de sensibilisation au moyen des supports vidéos a été organisée dans treize villages.

Ensuite, a commencé la première grande campagne d’éducation environnementale. Elle s’est déroulée du 5 janvier au 4 mars 2010 et a concerné l’ensemble des communautés locales des différentes zones d’intervention, les ONG locales oeuvrant dans le domaine de la conservation de la biodiversité et de l’éducation environnementale ainsi que les relais communautaires de santé. Ainsi, ont été sélectionnées 71 localités  du corridor de Monkoto  sur trois axes routiers : Axe Monkoto-Boangi, Axe Monkoto –Nongelokwa et Axe Monkoto-Mondjoku-Mbanda. « C’était un véritable parcours de combattant », m’a confié Eric Pamphile. A bicyclette, au cœur de la grande forêt équatoriale, sous les pluies battantes de chaque jour, sur ces axes routiers dans le corridor de Monkoto Landscape Salonga Lukeni Sankuru, les équipes des éducateurs INCEF/WWF ont emprunté des pistes serpentées quasiment impraticables. Aussi, ne pouvaient-elles parcourir que 10km / jour environ. Pendant la mission, il est arrivé que les éducateurs se retrouvent dans des villages où la sensibilisation sur la conservation  et la gestion durable des ressources naturelles n’a pas été effective dans le passé. Ou même ce cas vécu  dans une zone où les populations étaient surchauffées pour le fait que deux mois avant, l’ICCN et ses partenaires ont procédé à la délimitation du Parc National de la Salonga. Deux fois déplacées de la terre de leurs ancestres et cette fois-ci installées dans et autour du parc, les communautés ont eu un sentiment de frustration et de révolte qui a entraîné bien des polémiques et des réactions de violences du côté des populations pour exprimer leur mécontentement. Se sentant comme spoliées de leurs ressources naturelles sans solution de rechange, le renforcement de la lutte anti  braconnage aidant, elles nous ont accueilli très froidement. «  Nous comprenons que le parc est très important pour nous et  les générations futures. Cependant, nous regrettons  le fait que  déplacées deux fois de nos terres, l’ICCN ne nous présente aucune autre alternative. Comment pouvons-nous être des réfugiés dans nos propres terres ? » s’est indigné un habitant du village Isandja.

Comme quoi, la situation tendue qui prévalait entre les deux parties, rendait les populations hostiles à tous ceux qui viendraient leur parler de conservation. Pourtant, nous étions là pour une campagne de sensibilisation visant la responsabilisation de celles-ci.

« Notre tâche était donc ardue, a dit Eric. Il fallait commencer par négocier avec les chefs des communautés Isandja et autres pour tenter de convaincre ces populations de bien vouloir nous recevoir et nous permettre de travailler avec elles. La joie des éducateurs INCEF/WWF a été grande de constater que malgré les différents qui les opposaient à l’ICCN, les habitants de ce terroir ont eu la soif d’être informées. Ainsi, elles ont eu la possibilité d’apprendre par le biais de la sensibilisation à travers les films documentaires, que leurs droits peuvent s’inscrire dans le plan d’aménagement en cours d’élaboration. Ce qui leur permettra de concilier les intérêts sociaux et ceux de la conservation » a conclu Eric Pamphile Kinzonzi.

Signalons toutefois que cette campagne a connu une participation massive des communautés locales qui ont été édifiées sur la nécessité de gérer durablement les ressources naturelles et par conséquent, d’améliorer leurs connaissances sur les questions de loi, de gestion des ressources naturelles et de prévention contre les maladies zoonotiques, comme le Monkeypox  appelé en français «  variole du singe ».

Si 4197 personnes sur une population totale de 5199 ont participé aux séances de projection publique de films documentaires et ont été sensibilisées au cours de la phase pilote, il y a lieu de noter que les enfants et les jeunes se sont le plus mobilisés (49,34%),   suivis des femmes (25,78%) et 20,99% d’hommes. Cette tendance a demeuré lors de la grande campagne de sensibilisation et d’éducation, avec une participation totale de 18520 personnes aux séances de  projection des films, au nombre desquelles (53,58%) d’enfants et de jeunes, (23,57%) de femmes et 22,83% d’hommes,

C’est dire que pour un coup d’essai, cette activité était véritablement un coup de maître. Plusieurs facteurs ont milité au succès de cette campagne. Il s’agit notamment de ce que les films sont produits en langue nationale « lingala » parlée dans la Province de l’Equateur et que la thématique qui y est abordée, se vit au quotidien dans l’environnement socio-culturel des communautés. Celles-ci, en tout cas, ont vu leurs attentes être comblées. Les témoignages des acteurs de ces films documentaires qui sont en fait les populations, les réponses et les conseils des experts étant pertinents et édifiants, ont produit, on peut l’avouer, des fruits, mais alors de bons fruits. Comme quoi, les films documentaires produits par INCEF ont une bonne dose de persuasion. Pour preuve, certains groupements se sont constitués pour être des partenaires de l’ICCN pour la protection du Parc National de la Salonga.

Chapeau aux autorités locales qui se sont impliquées à fond dans l’accomplissement de ce programme.

 

Eric KINZONZI et Bonne Année MATOUMONA

Meeting of Congolese officials, INCEF, and WWF

Autorités politiques, administratives, militaires et les éducateurs WWF le jour de la cérémonie d’ouverture de la session de formation

Travel between villages.

Un éducateur WWF en train de se frayer le passage en pleine forêt